Quand la Promenade des Anglais s'enflammera pour la francophonie

Il y a 24 ans naissaient les Jeux de la Francophonie, dont la VIIe édition se tient cette année. Cette manifestation qui réunit tous les quatre ans les jeunes francophones des cinq continents est devenue un symbole fort de la vitalité du mouvement francophone. Après Casablanca (Maroc), Paris (France), Antananarivo (Madagascar), Ottawa (Canada), Niamey (Niger) et Beyrouth (Liban), c’est la ville de Nice (France) qui accueillera, du 6 au 15 septembre prochain, la VIIe édition des Jeux de la Francophonie.

Avec 3 000 participants, 1 200 organisateurs, 150 000 spectateurs et 200 journalistes attendus pendant les dix jours de la compétition, ce sera, pour la grande ville de villégiature estivale des Français et des outre-Alpins, une façon sportive de prolonger l’été. Une façon artistique aussi, car ces Jeux ont un volet culturel qui font leur originalité. Cette alliance du corps et de l’esprit n’est pas sans rappeler les Jeux de l’Antiquité dont les fondateurs de ces concours francophones se sont inspirés.

Francophonie et la jeunesse

Les Jeux de la Francophonie sont avant tout un formidable espace de rencontre pour la jeunesse des 77 Etats qui font partie de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Ce mouvement réunissant les pays ayant la langue française en partage, englobe près d’un tiers de la population mondiale, dont 60% de jeunes.

Cette jeunesse incarne l’avenir de la culture francophone, et pourtant, pendant longtemps, la Francophonie s’est développée uniquement sur un plan institutionnel, intéressant peu les jeunes. C’est pour remédier à cette déficience que les Jeux de la Francophonie ont été conçus et mis en place, avec pour objectif d’offrir à la jeunesse « une possibilité de rencontre, d’enrichissement, de stimulation collective et d’expression de sa vitalité ».

La première édition de ces Jeux s’est déroulée au Maroc en 1989. Depuis, ils ont lieu tous les 4 ans, en alternance dans un pays du Nord et un pays du Sud. Les compétitions sportives vont de l’athlétisme au cyclisme sur route, en passant par le basket-ball, le football, le handisport, le judo, la lutte (libre et africaine) et le tennis de table. La participation à ces disciplines est réservée aux jeunes, l’âge limite maximal étant de 35 ans.

Reconnus internationalement pour leur haut niveau sportif, ces Jeux ont servi de tremplin à des jeunes talents devenus des légendes dans leur spécialité et dont la réputation dépasse aujourd’hui largement les frontières francophones. Ces sportifs ont pour nom Marie-José Perec, David Douillet, Hicham El Guerrouj, Marie-Claire Restout, Nadjina Kaltouma ou Mélanie Engoang. Quant à la partie culturelle des Jeux, elle compte des activités aussi diverses que le concours de la nouvelle, le conte, la chanson, la photographie, les arts plastiques et visuels, les arts de rue, la danse de création et les arts numériques.

Tous à Nice !

Les Jeux de la Francophonie sont organisés conjointement par un comité international (CIJF) et un comité national (CNJF). Le dernier est constitué pour chaque édition dans et par le pays hôte des Jeux. Le comité national chargé d’organiser la VIIe édition est dirigé par le maire de Nice, Christian Estrosi, qui s’investit personnellement dans la préparation de ces Jeux. Conscient des enjeux d’avenir de la francophonie, le maire œuvre pour faire de ces 10 jours de Jeux une manifestation inoubliable, placée sous le signe de « l’amitié francophone ».

Ville d’arts et de sports, Nice a une longue tradition d’accueil d’événements sportifs (Paris-Nice cycliste, Open de tennis, Coupe internationale de patinage artistique) et culturels majeurs (carnaval, festival du jazz, Septembre de la photographie). La ville dispose des infrastructures adéquates pour accueillir les événements sportifs francophones : les épreuves de l’athlétisme et le football au stade Charles Ehrmann, les compétitions de basket-ball et du tennis de table dans le gymnase de la salle Serge Leyrit et les arts martiaux au Palais Nikaia. Un nouveau stade de 35 000 places est en cours de construction et il pourra accueillir, si les travaux sont terminés à temps, les principaux matches de football qui mobilisent d’habitude beaucoup de monde.

Quant aux épreuves culturelles, elles se dérouleront dans le Palais Acropolis dont les différents espaces accueilleront les artistes-concurrents venus, eux aussi, du monde entier.

Mais le clou de la manifestation sera sans doute la cérémonie d’ouverture dont l’organisation sera confiée à une personnalité artistique locale dont le nom n’a pas encore été révélé. Le secret est bien gardé. On sait seulement que la célèbre Promenade des Anglais qui fait la fierté des Niçois, sera de la partie ! Au programme, défilés et feux d’artifices pour marquer avec bruit et fureur l’ouverture du plus grand événement sportif et culturel de la Francophonie.

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