Centrafrique: les défis qui attendent Mahamat Kamoun

Le nouveau Premier ministre aura aussi à gérer l'urgence humanitaire. Ici, le camp de Mpoko près de Bangui où s'entassent plus de 30 000 déplacés.
© RFI/DT

La présidente centrafricaine, Catherine Samba-Panza, a nommé dimanche après-midi Mahamat Kamoun Premier ministre de transition, en remplacement d'André Nzapayéké. Il aura pour mission d'obtenir une application de l'accord de Brazzaville signé entre les belligérants centrafricains et de gérer le pays aux côtés de la présidente, jusqu'aux élections qui doivent marquer la fin de la transition.

La première urgence pour Mahamat Kamoun sera de faire appliquer les accords de paix de Brazzaville, signés fin juillet entre anti-balaka et Seleka. Même si la sécurité revient progressivement à Bangui, ces accords sont violés presque tous les jours hors de la capitale et sont toujours rejetés par l’état-major Seleka. La semaine dernière, dans la ville de Batangafo, les affrontements entre Seleka et forces françaises Sangaris ont fait une soixantaine de morts du côté de l’ex-rébellion.

Le nouveau Premier ministre devra aussi convaincre la communauté internationale, qui finance intégralement le budget et l’administration du pays et qui, en coulisse, avait ouvertement milité pour un autre candidat. Le gouvernement précédent a dû partir parce qu’il « somnolait » selon un diplomate occidental en poste à Bangui. « Il faut quelqu’un qui puisse absorber les sommes investies pour reconstruire la RCA. Or Mahamat Kamoun n’est pas connu des instances internationales », expliquait le diplomate avant la nomination du nouveau chef de gouvernement.

La troisième urgence pour Mahamat Kamoun est humanitaire. Des dizaines de milliers de déplacés vivent toujours dans des camps, en proie à la malnutrition et à l’insécurité.

ECOUTEZ l'édition spéciale que RFI consacre à cette nomination, avec, comme invité, Jacques Terrenoire, directeur de l'ONG Mercy Corps :

Pour les musulmans, la vie reprend à Bangui... uniquement dans l’enclave du PK5

La sécurité est, en effet, un défi de taille pour le nouveau gouvernement centrafricain, même à Bangui. Quelques centaines de musulmans centrafricains sont déjà rentrés d’exil. Des dizaines de milliers d’autres sont encore réfugiés au Cameroun et au Tchad. Adamou Sylla, lui, est rentré au PK5 en juillet, suite aux accords de Brazzaville, mais sans ses enfants. S’il se sent en sécurité dans son quartier, il ne se hasarde pas à en sortir par peur d’être lynché.

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