Des promesses de fonds et l'espoir d'un nouveau départ pour la RCA

La présidente de la transition centrafricaine, Catherine Samba-Panza, à Bruxelles, le 26 mai 2015.
© AFP PHOTO/Emmanuel DUNAND

Une conférence des bailleurs de fonds de la Centrafrique s'est tenue ce mardi à Bruxelles. Après la conclusion du Forum de Bangui qui représente un véritable engagement pour la paix et la stabilité, la RCA court le risque de ne pas pouvoir faire face aux besoins pour financer le processus électoral, l'aide humanitaire, la reconstruction ou la démobilisation, le désarmement et la réinsertion des milices. La délégation centrafricaine, attendue à Paris ce mercredi matin, repart avec plusieurs dizaines de millions d'euros de promesses d'aides.

A Bruxelles, Catherine Samba-Panza est venue une nouvelle fois plaider la cause de la Centrafrique. Elle repart avec de nouvelles promesses. La Commission européenne augmente son aide de 72 millions d'euros, ce qui porte l'enveloppe totale pour 2015 à 100 millions.

Sur ces 72 millions, 10 seront affectés à l'aide humanitaire, 40 à l'appui budgétaire, et 22 millions au fonds Békou, ce fonds ouvert de l'Union européenne soutenant un certain nombre d'activités sociales et économiques essentielles destinées aux populations. La France a promis 35 millions d’euros cette année. La Suisse entre au fonds Békou (« espoir » en sango, la langue nationale de la RCA) à hauteur de 2 millions d'euros.

Mais les besoins restent énormes. Si les élections ont été reportées de quelques mois, 17 millions de dollars (environ 15,6 millions d’euros) restent à trouver pour mener à bien le processus, selon Florence Limbio, la ministre centrafricaine de l'Economie. « Ce serait regrettable si les élections ne pouvaient pas être organisées ou si elles devaient être reportées en raison d’un manque de financement, souligne Louise Mukishiwabo, ministre rwandaise des Affaires étrangères. Nous devons au peuple centrafricain ce soutien spécifique. »

Financer les élections, mais aussi les besoins humanitaires

Deux semaines après la signature d'un accord entre groupes armés au Forum de Bangui, Catherine Samba-Panza a aussi rappelé que le programme de démobilisation des combattants, le DDR (Désarmement, démobilisation, réintégration), nécessitait un financement international. Tout comme la Cour pénale spéciale ou encore le retour des 800 000 déplacés et réfugiés.

Sur le plan humanitaire, sur les 613 millions de dollars (563 millions d’euros) jugés nécessaires par l'ONU à l'aide pour la Centrafrique en 2015, 21% seulement ont été décaissés selon Catherine Samba-Panza.

Il reste encore des besoins à combler, mais les participants à cette conférence estiment que les contributions annoncées donnent un véritable coup d'envoi pour le passage de l'aide d'urgence à l'aide au développement. Même si le pays reste fragile, rappelle la présidente de transition de la République centrafricaine : « Des ressources additionnelles doivent être disponibles pour éviter au peuple centrafricain de sortir du dialogue pour replonger dans une nouvelle crise parce que les recommandations adoptées ne sont pas exécutées par manque de financement », insiste Catherine Samba-Panza.

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