RCA: Abdoul Karim Meckassoua, nouveau président de l'Assemblée nationale

Abdoul Karim Meckassoua en meeting le 28 décembre 2015 à Bangui alors qu'il était candidat à la présidentielle.
© ISSOUF SANOGO / AFP

Il devient le deuxième personnage de l'Etat centrafricain. Abdoul Karim Meckassoua est élu à la présidence de l'Assemblée nationale. Les députés de Centrafrique se sont réunis ce vendredi matin à Bangui. Ils ont fait leur choix en accordant une large avance au candidat Meckassoua.

Avec 65 voix sur 127, Abdoul Karim Meckassoua prend donc la direction de l’hémicycle. A l’annonce de son élection, des youyous ont retenti. La majorité des députés a applaudi, mais on a aussi pu remarquer quelques visages très fermés dans l’assistance.

Il faut dire que plusieurs grands ténors briguaient ce poste, notamment Anicet-Georges Dologuélé, finaliste malheureux à la présidentielle, mais aussi le chef du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), Martin Ziguélé, qui espérait sans doute le soutien de Faustin-Archange Touadéra qu’il avait rallié au second tour.

Mais le président n’avait pas donné de consigne de vote. Et au final, c’est donc avec une avance assez conséquence qu’Abdoul Karim Meckassoua s’impose : 65 voix contre 24 pour Anicet-Georges Dologuélé, arrivé second, et 19 pour Martin Zinguélé, troisième.

Dès son élection, Abdoul Karim Meckassoua a pris possession du perchoir et il a supervisé l’élection des autres cadres de l’Assemblée, comme les vice-présidents ou encore les questeurs.

« C'est une très grande fierté d'avoir vu le peuple centrafricain à travers ses représentants déterminés à tourner définitivement la page de la transition. Mais c'est aussi un message : les députés veulent tourner la page, tourner la page de la violence, de la xénophobie, des événements graves qui ont terni l'image de la république centrafricaine », a-t-il déclaré à RFI.

La passation de pouvoir entre l'ancien et le nouveau président aura lieu lundi.

Qui est Abdoul Karim Meckassoua ?

Abdoul Karim Meckassoua devient ainsi le deuxième personnage le plus important de l’Etat. En 1996-1997, il avait été chef de cabinet de Jean-Paul Ngoupandé, éphémère Premier ministre d’Ange-Félix Patassé.

Mais c’est pendant la présidence de François Bozizé qu’il s’impose comme une figure de poids : ministre pendant six ans entre 2003 et 2013, il occupe cinq portefeuilles différents, dont les Affaires étrangères, ou encore l’Education. Il est même ministre d'Etat, d'abord aux Postes et aux Télécommunications, puis au Plan et à l’Economie sous le gouvernement Touadéra. Il a donc l'avantage d'avoir déjà étroitement collaboré avec l'actuel président centrafricain.

Candidat à la présidentielle de décembre 2015, il n’avait recueilli que 3,21% des suffrages, mais cet ergonome de 62 ans a en revanche était confortablement élu député du 3e arrondissement de Bangui, aux dernières élections législatives avec plus de 60% des voix.

Autre élément qui a dû peser en sa faveur, dans le contexte de violences intercommunautaires qu'a connu le pays ces dernières années : Abdou Karim Meckassou, qui est né et a grandi au PK5 de Bangui est très apprécié de la communauté musulmane dont il est issu, tout en jouissant plutôt d'une bonne réputation dans les milieux chrétiens.

→ A (RE)ECOUTER et à (RE)LIRE : Invité Afrique, par Christophe Boisbouvier
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