A Madagascar, Facebook fait campagne pour sa plateforme Free Basics

Free Basics permet d'accéder à quelques sites internet gratuitement depuis un téléphone mobile.
© Getty Images/Per-Anders Pettersson

La communauté des développeurs web était réunie samedi 4 juin à Antananarivo pour rencontrer des responsables de Facebook. Le géant américain vient de lancer dans la Grande Île, Free Basics, un service permettant l’accès à quelques sites internet gratuitement sur téléphone mobile. Le but affiché est de donner aux plus pauvres un accès à internet. A Madagascar, le coût de la connexion est l’un des plus chers d’Afrique et seulement 4% de la population a accès à internet. Mais ce projet pose aussi des questions, car Facebook contrôlera toutes les données, ce qui va à l’encontre du principe de neutralité du net...

Les développeurs malgaches sont venus nombreux à la réunion de présentation de Free Basics. Claudia Fernandes fait partie de l’équipe de Facebook venue à Madagascar. « Le but de Free Basics, c’est de connecter les deux tiers du monde qui n’ont pas encore accès à internet. Nous donnons accès à plusieurs sites comme Facebook, mais aussi à des sites d’éducation, de santé, d’actualités, gratuitement. On aimerait avoir le plus de sites possible venant d’ici. Il faut juste qu’ils soient compatibles au niveau technique. Et bien sûr qu’ils respectent la législation du pays », explique-t-elle.

Le géant américain vise la grande majorité des Malgaches qui n’a pas l’argent pour se payer une connexion classique et invite les développeurs à proposer leur site internet sur Free Basics. Une aubaine pour ce jeune développeur en mal de visibilité. « Il y a une opportunité qui s’offre à nous. On a besoin d’être connu sur les activités qu’on fait, mais ces informations vont être stockées sur le serveur Facebook. Le but de Facebook, c’est de contrôler tout. Il faut se méfier quand même », souligne-t-il.

→ A (RE)LIRE : En Inde, Facebook se heurte à la neutralité du net

Même si Facebook promet de ne pas vendre les données personnelles des utilisateurs ou de censurer certains sites qui seront proposés par les développeurs, ces craintes sont partagées par d’autres. Récemment l’Egypte et l’Inde ont refusé l’arrivée de Free Basics. Madagascar est le 22e pays d’Afrique à accueillir cette plateforme.

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