Exécutions en RCA: HRW demande aux autorités de juger Robert Yékoua-Ketté

Des soldats sénégalais de la Minusca patrouillent dans les rues de Bangui le 10 décembre 2015, deux jours après des affrontements sporadiques qui ont suivi l'annonce de l'éviction de l'ex-président Bozizé des élections en Centrafrique.
© MARCO LONGARI / AFP

En République centrafricaine (RCA), au moins 18 personnes « et peut-être plus » ont été exécutées « illégalement » par une unité de police anti-criminalité, entre avril 2015 et mars 2016. C'est ce qu'affirme Human Rights Watch (HRW), ce lundi 27 juin. L'ONG accuse l'ex-directeur de l'Office central de répression du banditisme (OCRB), Robert Yékoua-Ketté, d'avoir personnellement mené une exécution et d'en avoir ordonné cinq autres. HRW suggère aux autorités centrafricaines de le traduire en justice.

Surnommé le « shérif de Bangui », Robert Yékoua-Ketté est accusé par HRW d’une dizaine de meurtres extrajudiciaires, dix-huit exécutions vérifiées, documentées et de douze autres, selon des informations jugées crédibles. Il a été limogé, le 8 juin dernier, par le gouvernement du président Faustin-Archange Touadéra.

Robert Yékoua-Ketté affirme ne pas avoir de comptes à rendre à Human Rights Watch et que c’est l’OCRB qu’il faut interroger.

« Je n’ai pas de problèmes. Je n’ai pas de comptes à rendre à Human Rights Watch. Il faut voir que c’est l’institution de l’Office central de répression du banditisme qui est en cause. Ce n’est pas Yékoua-Ketté qui a créé l’OCRB. Donc, on ne peut pas indexer Yékoua-Ketté qui a été nommé là pour réprimer le banditisme dans le cadre même des attributions de l’OCRB. C’est tout. Il n’a rien à voir avec cette histoire que nous raconte HRW. Donc, je m’arrête là », a-t-il fait savoir à RFI.

Yékoua-Ketté renvoie la balle à l'OCRB

Mais alors, que répond-il aux accusations de l’organisation de défense des droits de l’homme portant notamment sur les dix-huit exactions extrajudiciaires ? Robert Yékoua-Ketté insiste et dit ne pas comprendre. « Non, mais écoutez. Vous parlez de quoi, là ? De tueries extrajudiciaires ? Moi, je ne sais pas. De toute façon, ce n’est pas Yékoua-Ketté qui l’a fait, c’est l’Office central de répression du banditisme. Ce n’est pas un individu, c’est l’OCRB », a-t-il insisté.

Enfin, sur le fait de savoir pourquoi on l’appelait le « shérif de Bangui» et si ce n'était parce qu’il avait la gâchette trop rapide, Yékoua-Ketté, se veut péremptoire : « J’ai commencé à porter le chapeau depuis mon enfance. Vous parlez de gâchette rapide. Moi, je ne sais pas. Gâchette rapide, ça c’est vous qui le dites », a-t-il souligné.

Chapeau de cowboy vissé sur la tête, le « shérif de Bangui » pourrait répondre à la justice centrafricaine si une enquête est ouverte.

Outbrain