Kenya: des femmes se disent victimes de viols à l'hôpital Kenyatta

Des membres de la Croix-Rouge kényane près des services d'urgence de l'hôpital Kenyatta, le 2 avril 2015, lors de l'attentat de l'université Garissa.
© SIMON MAINA / AFP

Scandale sexuel dans le plus grand hôpital du Kenya. Sur Facebook, plusieurs femmes ont affirmé ce vendredi 19 janvier avoir été victimes d'agressions sexuelles, de tentatives de viol ou encore de vol à l'hôpital Kenyatta de Nairobi. L'affaire fait grand bruit et met l'établissement sous pression.

Selon ces témoignages, les couloirs de l'hôpital Kenyatta deviendraient très dangereux la nuit. De jeunes mères affirment avoir été agressées sexuellement par des employés, travaillant notamment à la morgue, alors qu'elles allaient voir leurs bébés pour l'allaiter. Certaines affirment se déplacer en groupe pour éviter les viols. L'affaire a été prise au sérieux. Dans l'après-midi, le syndicat des praticiens a dépêché une délégation.

« Pour l'instant, nous n'avons pas trouvé de preuve, explique son secrétaire général Ouma Oluga. Une enquête doit être lancée. Les victimes présumées doivent se faire connaître et être prises en charge médicalement. Ensuite, il faut arrêter les agresseurs et les poursuivre. Les patients doivent se sentir en sécurité dans nos hôpitaux. »

La directrice de l'hôpital s'est également exprimée. Lily Koros est apparue plutôt sur la défensive. « Nous avons des caméras de surveillance, des agents de sécurité jour et nuit, les mères se déplacent en groupe car elles sont nombreuses et les horaires d'allaitement sont fixes. Les messages sur les médias sociaux sont de mauvaise foi et doivent être ignorés. Jusqu'à présent, aucun cas de ce genre n'a été signalé. Mais comme nous ne prenons pas ces accusations à la légère, nous demandons à toute victime d'agression de nous contacter et nous avons demandé une enquête. »

En tout cas, le scandale a entraîné, sur Internet, un torrent de critiques contre l'hôpital, concernant l'insécurité de l'établissement ou la mauvaise qualité des soins. Plusieurs politiques ont également exigé que la lumière soit faite. Certains ont même diffusé leurs numéros de téléphone pour recueillir d'éventuels témoignages.

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