Moïse Katumbi empêché de quitter la Belgique pour un problème de passeport

Moïse Katumbi, ici en novembre 2011 à Lubumbashi.
© AFP PHOTO / PHIL MOORE

L'opposant congolais en exil, Moïse Katumbi, n'a pas pu se rendre à Moscou mercredi soir. Il voulait assister à la Coupe du monde de football, mais il a été interpellé à l'aéroport de Bruxelles-Zaventem au moment du contrôle d'identité. Son passeport ne serait plus valide.

L'interpellation a eu lieu mercredi 13 juin au soir. Moïse Katumbi rentre alors d'un déplacement en Israël. En escale à Bruxelles avec son jet privé, il s'apprête à repartir à Moscou pour assister à la Coupe du monde de football quand la police des frontières contrôle ses papiers d'identité et s'aperçoit d'un problème avec son passeport.

La Belgique considère que le passeport de Moïse Katumbi est un faux. « Une des pages de ce passeport n'est pas une page authentique du passeport, donc pour ces raisons le passeport est considéré comme un faux », explique Dominique Ernould, porte-parole de l’Office des étrangers, un service du ministère belge de l’Intérieur, précisant que cette page est celle où figurent toutes les données d'identité de l'opposant congolais. 

Passeport biométrique

Moïse Katumbi avance une autre version des faits. Son passeport est semi-biométrique et c’est pour cela qu'il ne serait plus valide. En fin d'année dernière, les autorités congolaises ont décidé d'invalider ces passeports pour les remplacer par des documents biométriques.

L'opposant congolais assure avoir fait une demande de passeport biométrique justement auprès de son ambassade en Belgique. Une demande refusée. Moïse Katumbi dénonce donc une annulation volontaire de son passeport par les autorités congolaises, une instrumentalisation de ses services et un acharnement à son encontre en raison de sa candidature pour l’élection présidentielle de RDC prévue en décembre prochain.

« Je ne pourrais jamais faire ça »

Moïse Katumbi assure qu’il serait incapable de falsifier un passeport. « Comment est-ce qu'on peut ajouter une page ? C'est impossible ! Moi en tout cas je ne pourrais jamais faire ça », dit-il sur RFI, faisant part de son grand étonnement. Il se dit même prêt à publier la copie de ses visas qui lui ont notamment permis de se rendre notamment aux Etats-Unis, mais aussi en Israël et au Royaume-Uni.

Moïse Katumbi soutient qu’à son atterrissage à Bruxelles, la police lui a appris que son passeport avait été « annulé par le gouvernement congolais ». Dans un communiqué publié hier à Bruxelles, son mouvement, Ensemble, dénonce « l’acharnement continu du pouvoir ». Le communiqué n'évoque cependant aucune « annulation » de passeport.

Les autorités belges dans l'immédiat lui ont accordé un laissez-passer de quinze jours. Il peut donc rester en Belgique avec l'obligation de régulariser sa situation au plus vite.

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