RDC: une soixantaine d'ex-combattants du M23 rapatriés d'Ouganda

Des membres de l'ex-M23 en février 2014.
© AFP PHOTO/ ISAAC KASAMANI

Une soixantaine d'ex-combattants du M23 ont été rapatriés mardi 26 février en République démocratique du Congo (RDC), en provenance d'Ouganda, selon les autorités des deux pays.

Ils sont arrivés à Goma en fin de matinée mardi 26 février. Au total, cinquante-sept ex-combattants accompagnés de dix femmes et enfants. Ces anciens rebelles étaient jusqu'à présent cantonnés dans le camp de Bihanga, à 300 km de Kampala, la capitale ougandaise.

Accueillis officiellement par le commandant de la zone militaire du Nord-Kivu, ils ont été conduits dans un centre de transit pour un séjour « bref », explique Patrick Mutombo Kambila, conseiller au Mécanisme national de suivi de l’accord-cadre d’Addis-Abeba. C'est là qu'ils devront, selon lui, choisir « librement » entre être démobilisés pour rentrer dans la vie civile ou intégrer l'armée congolaise, comme l'ont fait certains de leurs ex-compagnons d'armes rentrés en juillet dernier.

En 2013, un accord avait été signé à Nairobi qui devait permettre de régler la situation de ces centaines d'anciens combattants réfugiés dans les pays voisins – Ouganda, Rwanda – au moment de la chute de leur mouvement fin 2012. Mais ils rentrent au compte-gouttes. En Ouganda, ils seraient encore 200 selon Kinshasa, plus d'un millier selon Kampala. A leur retour, ils ont le choix entre retourner à la vie civile ou intégrer l'armée congolaise.

Rapatriements « volontaires » et « sans conditions »

Ces rapatriements, assure Patrick Mutombo Kambila, sont le résultat d'un accord passé en 2017 à Brazzaville entre les 3 chefs d'Etat concernés – Rwanda, Ouganda et RDC – dans lequel ils se sont mis d'accord sur le rapatriement « sans conditions » des ex-combattants disséminés dans la région, pour « mettre fin à la récurrence de la belligérance ». 

Des rapatriements « volontaires », insiste le conseiller, même si jeudi dernier dans un communiqué, alors que ces retours se préparaient, Benjamin Mbonimpa, secrétaire exécutif du M23, a dénoncé des « manoeuvres » autour de cette question du rapatriement et assuré que des « personnes n'appartenant pas au M23 se feraient recruter en dehors du camp de cantonnement » en Ouganda, en échange de la « promesse » d'intégrer l'armée congolaise.

Ce que conteste Patrick Mutombo Kambila pour qui certains leaders du M23 chercheraient seulement à manipuler l'opinion et « prendre en otage les jeunes ex-combattants ». C'est déjà en application de cet accord, assure Kinshasa, que, fin novembre, plusieurs centaines d'ex-combattants FDLR, des Rwandais cette fois, ont été rapatriés dans leur pays, et leurs camps fermés par les autorités congolaises.

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