Gabon: un syndicaliste affirme avoir été «kidnappé» et «maltraité» par des inconnus armés

Une vue aérienne de Libreville au Gabon. ©Bajan28/creativeCommons

Mathurin Ovono Ebe, président de la section Université Omar Bongo du Syndicat national des enseignants et chercheurs (SNEC) affirme avoir été « kidnappé » et « maltraité » de nuit par des inconnus armés alors qu’il rentrait chez lui aux environs de 19h. 

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Avec notre correspondant à Libreville, Yves-Laurent Goma

Le récit du professeur Mathurin Ovono Ebe fait froid dans le dos. Ce 28 juin, le syndicaliste vient de participer à un piquet de grève devant le portail de l’université Omar Bongo. Il rentre chez lui, il est 19h et Mathurin Ovono Ebe est enlevé à la descente du bus : « J’ai été enlevé par des hommes dans un minibus blanc, vitres fumées. Nous avons roulé une quarantaine de minutes avant de changer de véhicule, et avant de me mettre la cagoule et des menottes. J’ai été torturé, j’ai été interrogé : "Effacez-vous, on peut même vous faire disparaître. Nous savons les endroits que fréquentent vos enfants". »

Solidarité syndicale

Le syndicaliste affirme avoir déposé une plainte à la police judiciaire (PJ). Ses collègues de la Conasysed (la Convention nationale des syndicats du système éducatif), le syndicat des enseignants, demandent au gouvernement d’ouvrir une enquête sérieuse.

Jean Rémy Yama, président de Dynamique unitaire, le principal syndicat des fonctionnaires, dénonce une atteinte grave à la liberté syndicale : « Nous condamnons ces actes de barbarie, d’un âge révolu, qui ne visent qu’à freiner l’action syndicale. »

Pour recouper les informations, RFI a contacté à plusieurs reprises le gouvernement qui n’a pas, pour l’heure, répondu à nos sollicitations.