Vote constitutionnel au Chili: victoire des indépendants et de la gauche alternative

Des membres de la commission électorale lors du dépouillement, au Chili. AFP - RODRIGO ARANGUA

Les Chiliens élisaient ce week-end leur Assemblée constituante, qui sera chargée de réécrire la Constitution héritée de la dictature Pinochet. La gauche alternative et les candidats indépendants sont les grands gagnants du scrutin.

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Avec notre correspondante à Santiago, Justine Fontaine

Malgré une participation plus faible qu'attendue, la future Assemblée constituante sera davantage représentative de la société chilienne. C'est le résultat direct des manifestations qui ont éclaté fin 2019 contre les inégalités sociales : les indépendants font une percée significative dans la future Assemblée.

Les partis de gauche alternative obtiennent aussi un très bon score. Avec la gauche traditionnelle, tous ces candidats élus représentent un peu moins des deux tiers des sièges au sein de l'Assemblée constituante.

De l'autre côté de l’échiquier politique, la coalition de droite au pouvoir subit une lourde défaite et emporte 21 % des sièges, ce qui la met en difficulté, car les décisions seront prises à une majorité des deux tiers.

Un an pour écrire une nouvelle Constitution

Reste à savoir quelles alliances se formeront entre les partis de gauche et les indépendants, mais aussi avec les élus des peuples indigènes, auxquels 17 sièges sont réservés. Beaucoup ont en commun le rejet du modèle économique néo-libéral hérité de la dictature, et le Chili pourrait se rapprocher un peu de la social-démocratie.

Enfin, on le savait, cette Assemblée sera presque parfaitement paritaire. Et les femmes candidates ont d'ailleurs obtenu de très bons scores à travers tout le pays.

Des élections municipales et régionales avaient aussi lieu ce week-end. L'Assemblée constituante prendra ses fonctions le mois prochain, et aura au maximum un an pour rédiger une nouvelle Constitution, qui sera ensuite soumise à référendum.

Un message clair et fort pour Piñera

« Nous ne sommes pas suffisamment en phase avec les demandes et les désirs des citoyens », a estimé le président conservateur Sebastian Piñera, parlant d’un « message clair et fort » envoyé à toutes les forces politiques traditionnelles.

Daniel Jadue, le candidat du Parti communiste à la présidentielle s'est réjoui : « les secteurs qui cherchent à transformer le pays ont triomphé ».

Selon les analystes, les affinités politiques des indépendants vont surtout vers le centre-gauche et la gauche, qui ont fait campagne pour un texte garantissant éducation, santé et logement. La droite elle défend le système actuel, mais le pays « a donné un signal que nous devons être capables d'écouter », a estimé, à quelques mois de la présidentielle, le chef du plus grand parti de droite, l'UDI.