Inde: une canicule fait des ravages entre pénuries d’eau et décès dans le Nord

Le nord de l'Inde connait une canicule exceptionnelle avec des températures qui dépassent à certains endroits les 50°C.
© AFP Photos/Himanshu Sharma

Le nord de l’Inde est frappé par la pire vague de chaleur de ces trente dernières années. Dans l’État du Bihar, la situation est critique : le weekend du 15 et 16 juin, une soixantaine de personnes sont décédées à cause des températures extrêmes.

La situation est grave actuellement dans cet État très pauvre du nord de l’Inde. Plus d’une soixantaine de personnes sont décédées à cause de la canicule. À ce bilan s’ajoute une épidémie d’encéphalite aiguë qui a déjà provoqué la mort d’une centaine d’enfants dans plusieurs localités rapprochées. Les températures, qui dépassent largement les 40°C depuis deux semaines faciliteraient la propagation de ce virus, selon les autorités médicales de l’État.

Une gestion de la crise critiquée

Le gouvernement du Bihar, qui a été sévèrement critiqué par le principal parti d’opposition régional pour son inaction face à cette crise, a finalement annoncé dimanche 16 juin une compensation équivalant à 5000 euros pour chaque famille des enfants décédés dans cette épidémie. Le gouvernement a également ordonné la fermeture des écoles jusqu’à mercredi et conseillé à la population de ne pas sortir de chez eux, autant que possible.

Le ministre indien de la Santé s’est rendu sur place et a annoncé une série de mesures. Mais ces promesses avaient déjà été faites en 2014, lorsque ce même ministre était en poste et qu’une épidémie d’encéphalite aiguë avait fait 379 morts dans cette région.

Delhi face aux pénuries d’eau

Le Bihar n’est pas le seul État touché par cette canicule record. À Delhi, ces deux dernières semaines, de nombreux quartiers pauvres de la ville faisaient face à une pénurie d’eau alarmante. L’Inde connaît sa période la plus sèche avant la mousson depuis plus de 60 ans. Or une grande partie du territoire en dépend pour son approvisionnement en eau.

Dans l’État occidental du Maharashtra, la sécheresse se fait particulièrement ressentir. De nombreux habitants de la région ont dû quitter leurs villages où les puits sont complètement à sec pour se réfugier dans des camps en attentant la mousson, qui est déjà en retard cette année.

Au Tamil Nadu, dans le sud du pays, le manque d’eau est là aussi de plus en plus criant. Il paralyse même l’économie dans la mégalopole de Chennai. Les hôpitaux sont forcés de reporter les chirurgies les moins urgentes, certains restaurants ont arrêté de servir le déjeuner, et certaines entreprises ont demandé à leurs employés de travailler depuis chez eux. Tout cela pour conserver de l’eau. Le lac qui alimente une grande partie de la ville est à son niveau le plus bas jamais enregistré.

Une mousson en retard

Dans le nord de l’Inde, les températures commencent à baisser un peu à New Delhi, où il a même plu sporadiquement, tout comme dans plusieurs États voisins. Mais la mousson prend toujours du retard, dans le sud et le centre de l’Inde, où la situation est déjà particulièrement alarmante.

Samedi 15 juin, le Premier ministre indien Narendra Modi a annoncé lors d’une réunion avec les différents gouvernements régionaux la mise en place d'une loi pour combattre la pénurie d’eau dans le pays. Il s’est notamment engagé à fournir de l’eau courante dans tous les foyers en milieu rural des 2024. De nombreux Indiens n’ont malheureusement pas le luxe d’attendre aussi longtemps.

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