En Pologne, un «vendredi arc-en-ciel» contre l'homophobie

En Pologne, le climat n'est pas favorable pour les personnes LGBT. Ici, lors d'une «marche des fiertés» en juin 2018, à Varsovie.
© JANEK SKARZYNSKI / AFP

Une opération « vendredi arc-en-ciel » a été menée ce 25 octobre dans quelques centaines d’établissements scolaires de Pologne pour promouvoir la tolérance à l’égard des jeunes LGBT.

Avec notre correspondant à Varsovie, Thomas Giraudeau

Au lycée Bednarska, des drapeaux arc-en-ciel ornent les vêtements et des cours offrent l'occasion de parler de la question LGBT. Comme quelques centaines d'autres établissements scolaires de Pologne, ce lycée du centre de Varsovie participe à l'opération « vendredi arc-en-ciel » pour promouvoir la tolérance à l'égard des personnes LGBT. Selon des chercheurs polonais, 70 % des jeunes LGBT ont des pensées suicidaires.

Maks Szweyeski a 18 ans. Il est homosexuel et se sent en sécurité au lycée Bednarska. « Dans mon ancien lycée, je parlais déjà ouvertement de mon orientation sexuelle. Mais tous mes camarades me montraient du doigt. Une fois, j'ai même dû me cacher dans la maison d'un ami, car des lycéens m'ont poursuivi dans la rue », raconte-t-il.

La directrice de son ancien lycée a refusé d’organiser ce « vendredi arc-en-ciel » en raison de ses convictions religieuses. L’événement est optionnel, soumis à l’accord des parents. « C’est un sujet tabou. Aujourd’hui, j’ai posé la question dans une autre école. Certains profs ont été bouleversés par cette idée-là. Si les profs se comportent ainsi, je ne sais pas comment les enfants vont apprendre un comportement différent », s'inquiète cette professeure de français.

Ciblées par le parti Droit et justice au pouvoir avant les récentes élections législatives, les personnes LGBT sont également dans le collimateur de l'Église catholique qui dénonce une idéologie qui s'imposerait en Pologne.

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Mais le directeur adjoint du lycée Bednarska, Bartlomiej Pielak, revendique l’organisation du « vendredi arc-en-ciel », quitte à défier les autorités politiques, également opposées à cette journée. « Notre école est un lieu amical. Si le ministère de l’Éducation veut venir vérifier ce qu’il se passe ici, il est vraiment le bienvenu. Et nous ferons de notre mieux pour parler, débattre, expliquer notre démarche. Car nous sommes fiers de ce que nous organisons, nous ne faisons rien de mal. »

Plutôt que de participer au « vendredi arc-en-ciel », le ministère de l'Éducation a invité les écoles à commémorer ce même jour les anciens combattants et les héros polonais.

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