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Liban: la rue dénonce toujours la corruption, un ex-Premier ministre poursuivi

Un manifestant brandit le drapeau libanais face à l'armée durant un défilé à Jal el-Dib, le 23 octobre. REUTERS/Alkis Konstantinidis
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Au Liban, le mouvement de contestation se poursuit dans l’ensemble du pays pour dénoncer la corruption de la classe politique et ce, malgré l’annonce par le Premier ministre Saad Hariri, lundi 21 octobre, d’un plan de sauvetage économique.

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De notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

La violence est montée d’un cran ce mercredi 23 octobre lorsque l’armée a essayé d’ouvrir de force les routes bloquées par les manifestants. L’armée, qui se contentait d’observer de loin les manifestations depuis le 17 octobre, a reçu l’ordre, ce mercredi, d’ouvrir les principaux axes routiers coupés par les manifestants, paralysant complètement le pays.

►À lire aussi: Liban: Beyrouth gronde toujours après les annonces du Premier ministre

La priorité des militaires était de dégager l’autoroute du littoral, qui relie le Nord au Sud. Des centaines de soldats ont essayé d’ouvrir la voie fermée à 6 kilomètres au nord de Beyrouth, en poussant les manifestants, pour la plupart des femmes et des enfants. Le député Sami Gemayel, chef du parti chrétien des Phalanges libanaises, s’est joint aux contestataires. Après des heures d’empoignades, la troupe est parvenue à dégager l’une des voies seulement.

À Nahr al-Kalb, six kilomètres plus au nord, la troupe a réussi à repousser les manifestants mais elle a eu moins de succès à Zouk, quelques kilomètres plus loin.À Nabatiyé, dans le Sud du pays, la police municipale a fait preuve de moins de souplesse. De violents affrontements ont éclaté entre les forces de l’ordre et les contestataires et une dizaine de manifestants ont été blessés. Malgré cette tentative de rouvrir les routes par la force et la chute de fortes pluies à partir de l’après-midi, les manifestants n’ont pas quitté la rue.

Lutte contre la corruption

L’une des revendications des manifestants est la lutte contre la corruption. Mercredi 23 octobre, une juge a lancé des poursuites contre un ancien Premier ministre pour enrichissement illicite.

Il s’agit de Nagib Mikati, une des plus grosses fortunes du Liban. Son fils, son frère et la plus grande banque du Liban sont également dans le collimateur de la justice. La procureure Ghada Aoun, qui travaille sur ce dossier depuis un an, soupçonne Najib Mikati d’avoir obtenu des prêts-logements subventionnés par la banque centrale du Liban pour des dizaines de millions de dollars.

L’ancien Premier ministre et l’établissement bancaire ont nié les soupçons qui pèsent sur eux.