Revue de presse Afrique

À la Une: Seytenga, au Burkina Faso, village martyr…

Photographie de gendarmes burkinabés en patrouille. Une dizaine de gendarmes auraient été tués « après l’attaque de la brigade territoriale de la gendarmerie de Seytenga, jeudi dernier ». (Illustration) © AFP

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Nouvelle tragédie au Burkina Faso. « Après l’attaque de la brigade territoriale de la gendarmerie de Seytenga, jeudi dernier, qui a causé la mort de onze pandores, c’est une véritable folie meurtrière qui s’est emparée des terroristes, s’exclame L’Observateur Paalga. En effet, dans la nuit de samedi à dimanche, ils s’en sont pris aux populations civiles de cette localité (près de la frontière avec le Niger), située à 47 km de Dori, chef-lieu de la province du Séno. Les victimes se compteraient par centaines. Combien y a-t-il eu de morts exactement ? Toute la journée d’hier, pointe le quotidien ouagalais, des chiffres aussi apocalyptiques les uns que les autres ont circulé sur les réseaux sociaux : 170, voire 200 morts. Des chiffres invérifiables pour l’instant. »

Une guerre décisive !

« Ce qui est certain, à en croire le gouvernement, relève pour sa part WakatSéra, c’est que cette énième forfaiture a provoqué un déplacement des populations de cette localité vers la commune de Dori. Plus de 3.000 personnes, selon des sources régionales. En tout cas, poursuit le site d’information burkinabé, la tragédie de Seytenga est bien une réalité, et les bruits de la ville continuent d’enfler et de grossir les inquiétudes d’une population burkinabè qui pensait que ses Forces de défense et de sécurité avaient repris du poil de la bête pour de bon. »

Et WakatSéra de hausser le ton : « compte tenu de la dégradation de la situation sécuritaire qui continue d’endeuiller l’armée nationale et les populations civiles qui ne doivent leur salut qu’à la fuite, gonflant le flot des déplacés internes, il faut engager une guerre décisive. »

Entendre l’appel du président Bazoum ?

Il faut, poursuit WakatSéra, « rejoindre l’appel de Mohamed Bazoum lancé jeudi dans la ville de Téra, située dans la zone dite des Trois frontières partagée par le Niger, le Burkina Faso et le Mali, et où se sont sanctuarisés les terroristes qui y sèment mort et désolation. Armé de sa vision selon laquelle la lutte contre le terrorisme ne saurait se mener et, a fortiori, se gagner en solo, le président nigérien compte s’appuyer sur ses partenariats diversifiés avec les pays occidentaux pour renforcer les capacités opérationnelles de son armée tant sur le plan logistique, aérien, et sur celui du renseignement. »

En effet, précise Mourya la Voix du Niger , « comme s’il voulait mieux se faire entendre par Ouagadougou et Bamako, c’est à Téra, à une encablure des frontières malienne et burkinabè, que le président nigérien a lancé un appel à ses homologues Assimi Goïta et Paul-Henri Sandaogo Damiba. 'Quand vous passez la frontière du Niger, vous n’avez affaire qu’à des espaces occupés par les terroristes. Et ça rend difficile le travail que doivent faire nos forces. Il est souhaitable, il est urgent, a affirmé Mohamed Bazoum, que les pays frères du Mali et du Burkina puissent se relever'. La conviction du chef de l’Etat nigérien, poursuit Mourya, est qu’il n’est point de victoire possible pour l’un des trois Etats dont les destins sont imbriqués. Nul ne s’en sortira seul. La mutualisation des moyens est donc une réalité même si elle n’est pas encore suffisante pour espérer dessoucher la mauvaise herbe qui s’est enracinée de part et d’autre des frontières. Hélas, déplore encore le site d’information nigérien, la mise à mort de la force conjointe du G-5 Sahel par le Mali qui s’en est retiré n’est pas faite pour arranger les choses. »

La Minusma charge la transition malienne

A la Une également, le rapport de la Minusma, la mission de l’ONU au Mali, qui sera remis ce lundi 13 juin au Conseil de sécurité… On en connait déjà les grandes lignes. Un rapport accablant détaillé notamment par Mali Tribune :« la mission onusienne tire la sonnette d’alarme et pointe du doigt les autorités de la Transition d’entrave sur plusieurs enquêtes que la Minusma a voulu mener notamment à Moura. L’Etat malien ne contrôlerait plus que 15 % de son territoire du nord et 21 % du centre. Le rapport indique aussi une montée en puissance des mouvements djihadistes. Allusion faite aux affrontements violents entre le Groupe de soutien à l’Islam et aux Musulmans dirigé par Iyad Ag Ghali et l’État islamique dans le Grand Sahara d’Adnane Abou Walid al-Sahraoui. Des affrontements qui continuent dans la zone dite des trois frontières à Tessit, dans la région Gao. Et à Andéramboukane dans la région de Ménaka, faisant des milliers de déplacés. »

Mali Tribune qui note aussi qu’ « au sein de l’opinion publique malienne, voire même au sommet de l’Etat, avant même la présentation officielle de ce rapport, on réfute le document en le qualifiant de biaisé. Et en affirmant que les Occidentaux sont derrière. »